Commune de Plouider

Les mottes féodales

Au début du Moyen Age, vers le 10e siècle, pour faire face aux incursions incessantes des Normands, de nombreuses mottes castrales (ou mottes féodales) furent construites partout dans l’ouest de la France. Les Normands débarquaient le long des côtes atlantiques où ils échouaient leurs drakkars et pénétraient dans l’arrière-pays en suivant les cours d’eau, seuls repères géographiques à cette époque où n’existaient ni les cartes ni la boussole.

C’est donc le long des rivières, que l’on retrouve naturellement ces mottes féodales. Elles consistaient en une surélévation artificielle ou naturelle, surmontée d’une tour rudimentaire, entourée d’une palissade fortifiée. Bien souvent un détournement de la rivière voisine permettait la réalisation de douves inondées que l’on devine encore aujourd‘hui.

Autour de la forteresse de Lesneven plusieurs mottes féodales ont laissé leur trace le long des rivières du Quillimadec et de la Flèche. A Plouider et ses abords on retrouve ces mottes à Roudoushir, à Morizur, à Pont ar Chalvez et à Tréver. Peu à peu ces mottes furent abandonnées car les invasions Normandes ont cessé au 11e siècle. Bien souvent les seigneurs propriétaires construisirent non loin de là un manoir plus habitable. C’est le cas de Morizur, de Lestorduff, sans doute du manoir de Lestévénoc.

Ces mottes féodales jouèrent un rôle important lors de la reconquête de la Bretagne par Alain Barbetorte (910-952), dont le comte Even était le vassal. La bataille de Runeven en 936 est l’illustration de cette résistance aux invasions Normandes.

La motte de Roudoushir

La moote de Roudoushir

Cette motte était relativement importante et mesurait plus de 300 mètres de diamètre. Les douves profondes et encore visibles aujourd’hui ceinturaient la fortification et en faisaient une place-forte certainement imposante.

Aujourd’hui la végétation a totalement envahi le site rendant difficile l’accès et même la visualisation de cette motte. Située sur la rive gauche du Quillimadec, elle se trouve sur le territoire de Kernouës.

La motte de Tréver

La moote de Trever

Elevée sur la rive du Quillimadec, près du Moulin de Tréver, elle en protégeait le gué. Elle se trouve sur la rive gauche donc sur le territoire de Lesneven. Elle a conservé ses douves qui étaient alimentées depuis la rivière par un petit canal artificiel. Elle était surmontée d’une tour ceinte d’une palissade. Puis avec le temps, comme les autres mottes, la forteresse initiale est abandonnée et remplacée à proximité par le manoir de Lestourduff.

La motte de Pont ar C’halvez

La moote de Pont Ar Chalvez

Située sur un promontoire naturel, au bord de la Flèche, au nord de Morizur, cette motte féodale contrôlait la route de Lanhouarneau à Saint Méen. Elle était également la première défense sur la Flèche en venant de la baie de Goulven.

Comme toutes les mottes féodales elle fut abandonnée à la fin des invasions Normandes et les seigneurs qui l’habitaient construisirent un manoir non loin de là… à Brondusval où l’on signale une maison noble au moyen âge ou à Mesperenez distant seulement de quelques centaines de mètres.

La motte de Morizur (Saint Méen - Plounéventer)

C’était certainement la plus imposante des mottes féodales entourant Lesneven. Le ruisseau du Diriguin protège le site à l´ouest et la Flèche au nord et à l’est. Un plateau allongé sécurise l´accès par le sud. Morizur est l´élément central d´un ensemble de 4 mottes. Trois mottes de moindre importance protègent le site: Coz-Castel au sud-ouest, la Sal au nord-ouest et Pont ar C’halvez au nord. Coz-Castel contrôle les routes de Landivisiau et Landerneau, et Pont ar C’halvez celle de Lanhouarneau. Morizur est une grande motte féodale qui s´étend sur une dizaine d´hectares. Elle est entourée de fossés de 12m de haut. Elle a été habitée jusqu´au 14e siècle par les seigneurs de Morizur. La première trace écrite de cette famille date de 1381. On retrouve le sceau des Morizur (3 chevrons superposés) dans le traité de Guérande.

La moote de Morizur

Selon le chevalier de Fréminville qui circulait vers 1830 sur la route de Lesneven à Lanhouarneau, « les vestiges du château se voient à droite sur le flanc d’une colline et constituent seulement en une fondation d’un mur d’enceinte et d’une butte artificielle sur laquelle était jadis bâti le donjon, partie principale de ce château qui date des premiers temps de nos fortifications en pierre, c'est-à-dire à l’an 800 environ. Les forteresses isolées d’alors ne consistaient guère qu’en une seule tour à laquelle était joint un mur de clôture qui entourait la cour. »

La légende d’Izur : « Au temps où il y avait des rois à Occismor, vivait dans ce château un chef appelé Izur, vieillard vénérable, doux comme un sage, aimé de tous, pourvu d’une fille belle comme le jour ». … Un romain vint à demander sa main, sachant qu’il ne pouvait ni accepter, ni refuser ouvertement… Izur donna au romain la toison d’un mouton noir en lui promettant la main de sa fille, s’il la rendait blanche… Ce dernier ne put s’exécuter et « mourut non pas d’amour mais du sombre désespoir né de son impuissance reconnue. »(H de Cleuziou). Il est à noter qu’à Kerilien, non loin de là, on a retrouvé les vestiges d’une importante ville gallo-romaine (Vorganium).

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